Un journal intime retrace toutes les horreurs vécues d'une adolescente après son suicide

Un cauchemar, un calvaire, une tragédie, à quand une solution radicale pour ce phénomène, ce mal qui guette les écoles. Émilie, 17 ans, est morte le 22 janvier après s’être défenestrée. Pour les parents, ce suicide est lié à du harcèlement scolaire remontant à ses années au collège privé Notre-Dame de la Paix, à Lille. Dans un poignant journal intime, l’adolescente a décrit son calvaire.

Émilie, aimait la lecture et les animaux. Elle voulait devenir vétérinaire. Avec l’accord de ses parents, qui veulent sensibiliser au harcèlement scolaire.
« J’avais décidé de ne rien dire à personne de l’enfer que je vivais au collège. » Émilie, 17 ans, est décédée ce 22 janvier après s’être défenestrée le 19 décembre chez son père, à Lille. Virginie et Ian, ses parents, lient le suicide de leur fille cadette à sa scolarité au collège Notre-Dame de la Paix, dans le Vieux-Lille, trois ans plus tôt. « Harcelée par d’autres élèves, elle a vécu dans la terreur de la 5e à la 3e. Sa dépression trouve son origine là-dedans. » L’adolescente dévoile son calvaire dans un saisissant journal intime, découvert après son décès.
Elle y raconte son quotidien de collégienne rejetée pour son look pas BCBG, des centres d’intérêt différents (la lecture plutôt que les futilités) et le mauvais rôle de première de classe. « Je sentais sur moi les regards des autres. Je voyais leurs sourires quand ils me scrutaient, je sentais leurs yeux se poser sur mes vieilles baskets, mon jean effilé, mon pull à col roulé et mon sac à dos. J’entendis quelques «clocharde !» »

Traverser la cour relève du « parcours du combattant. Esquiver les coups, les croche-pieds et les crachats. Fermer ses oreilles aux insultes et moqueries. Surveiller son sac et ses cheveux. Retenir ses larmes ».

« Je ne voulais pas que mes parents sachent à quel point j’étais pitoyable et pensent avoir donné naissance à une pure sous-merde »
En classe, « seule », elle rapporte aussi des humiliations. Comme lorsqu’un élève la prend à part. « Il paraît qu’ils vont décerner un prix aux «intellottes» les plus moches de chaque pays (…). La classe explosa de rire. Voyant que je ne réagissais pas, il m’envoya son équerre dans la tête. » L’enseignant n’intervient pas, affirme la jeune fille. D’autres épisodes sont décrits : des mouchoirs usagés jetés au visage, un chewing-gum collé dans ses cheveux, les bretelles de son sac coupées…

Le midi, elle se réfugie dans un couloir vide pour lire. « La passion des livres m’était venue très tôt. C’étaient mes trésors, mes seuls amis. » Les récréations, elle les passe aux toilettes, « seul endroit dans ce foutu collège où j’étais sûre d’être tranquille ».

« Elle avait développé une phobie scolaire »
Chez elle, Émilie dissimule sa souffrance. « Je ne voulais pas que mes parents sachent à quel point j’étais pitoyable (…) et pensent avoir donné naissance à une pure sous-merde. »

Ses parents, qui ont divorcé, sentent que quelque chose ne va pas, sans deviner à quel point. Mais un jour, en 3e, elle craque. « Un matin, elle a fait une crise d’angoisse », se souvient le père. Elle est aussitôt retirée du collège.

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